Le Conseil des ministres du Chili a approuvé un décret actualisant les annexes de la CITES appliquées dans le pays. Selon le ministère chilien de l’Environnement, plusieurs espèces de requins et de raies faisant l’objet d’un commerce international seront soumises à des contrôles renforcés. La mesure la plus importante transfère le requin-baleine et les mobulidés à l’Annexe I.
InduAmbiente a rendu compte de la décision le 17 août 2026. Son exemple terrestre le plus connu est le cocotier du Chili. Pour la conservation marine, quatre groupes sont toutefois essentiels : les requins-baleines, les mobulidés, le requin-hâ Galeorhinus galeus et deux espèces chiliennes d’émissoles du genre Mustelus.
Le requin-baleine et les mobulidés passent à l’Annexe I de la CITES
Le requin baleine Requin-baleine ( Rhincodon typus ) et toute la famille Mobulidae figuraient déjà en annexe II. Avec la mise à niveau vers l’Annexe I, le statut commercial CITES le plus strict s’applique désormais. Le commerce international d’animaux sauvages, de parties de leur corps et de produits dérivés est donc fondamentalement exclu.
Les virements transfrontaliers ne restent possibles que dans des conditions exceptionnelles, essentiellement non commerciales. Cela nécessite des permis du pays exportateur et importateur. Les autorités scientifiques doivent également confirmer que la transaction ne met pas davantage en danger la survie de l’espèce.
Le nom collectif Mobulidae inclut les raies manta et les raies diable. Leurs pièges branchiaux en particulier font l’objet d’un commerce international. Une réglementation à l’échelle de la famille facilite les contrôles, car les pièces séchées ou transformées ne peuvent pas toujours être attribuées de manière fiable à une seule espèce.
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Plus d’informationsLe requin-hâ et deux espèces de Mustelus entrent à l’Annexe II
Pour le requin chien Requin-hâ et deux espèces du genre Mustelus trouvées au Chili, l’annexe II s’appliquera à l’avenir. Il ne s’agit pas d’une interdiction totale du commerce. Cependant, l’exportation n’est autorisée qu’avec un permis CITES du pays exportateur. L’avis chilien ne nomme pas individuellement les deux types Mustelus.
Avant l’approbation, l’autorité scientifique responsable doit parvenir à la conclusion que l’exportation ne nuira pas à l’existence continue de l’espèce à l’état sauvage. En outre, l’autorité administrative doit vérifier si les animaux ou les produits ont été obtenus légalement. La capture, l’origine et la route commerciale doivent donc être documentées de manière compréhensible.
Ces contrôles sont particulièrement exigeants pour les aiguillats et les requins lisses. La viande, les corps éviscérés et les nageoires séchées perdent de nombreuses caractéristiques d’identification. Dans les pêcheries hispanophones, diverses espèces sont également commercialisées sous des termes collectifs tels que « cazón » ou « tollo ». Une exigence de permis n’est efficace que si les autorités douanières et de pêche peuvent retracer les produits jusqu’à l’espèce ou au groupe réglementé.
La CITES réglemente le commerce, pas la pêche elle-même
Les nouvelles annexes sont souvent brièvement décrites comme une interdiction de protection. Cependant, CITES aborde les frontières internationales. L’accord décide dans quelles conditions les animaux, la viande, les ailerons, les pièges branchiaux et autres produits peuvent quitter, importer ou réexporter un pays.
La décision ne crée donc ni automatiquement une interdiction de pêche dans les eaux au large du Chili ni une nouvelle zone protégée dans l’océan Pacifique Océan Pacifique. Les réglementations nationales de pêche continuent de déterminer si et comment une espèce peut être capturée. Cependant, CITES peut limiter considérablement l’incitation économique et le canal de vente si une capture est destinée au marché international.
Cette ligne de démarcation est particulièrement importante pour les espèces de l’Annexe I : une interdiction stricte du commerce international n’empêche pas tout retrait local. A l’inverse, une interdiction nationale de pêche peut aller bien plus loin que les règles CITES. Une protection efficace n’existe que lorsque le contrôle du commerce, la législation sur la pêche, la surveillance et l’identification des espèces travaillent ensemble.
Le cocotier du Chili au cœur de l’ensemble de mesures
La décision du Conseil des ministres ne concerne pas uniquement les animaux marins. Le Chili lui-même avait demandé que le palmier à miel endémique du Chili Jubaea chilensis soit inscrit à l’Annexe I. Le commerce international est donc largement limité à des cas exceptionnels non commerciaux. L’espèce est considérée comme en voie de disparition au Chili et subit la pression de la perte de son habitat et de l’utilisation de ses graines et autres produits.
La tarentule Grammostola rosea est également nouvelle dans l’Annexe II. Le dossier montre que CITES couvre des chaînes de vente au détail très différentes : des animaux vivants pour le marché des animaux de compagnie, des parties de plantes, de l’alimentation ainsi que des produits de la pêche et du luxe. Selon le ministère de l’Environnement, l’accord réglemente plus de 41 000 espèces dans le monde, dont environ 350 sont présentes au Chili.
La mise en œuvre sera déterminante
La saisie formelle d’une pièce jointe CITES n’est que la première étape. Le Chili doit organiser les processus d’approbation, les tests scientifiques de sécurité, les contrôles douaniers et la traçabilité des produits de la pêche de manière à identifier les marchandises incorrectement déclarées ou mélangées.
Les deux communications actuelles ne mentionnent pas de nouveaux quotas de pêche, de budgets de contrôle ou de délais précis pour des mesures supplémentaires en mer. La protection obtenue sera donc mesurée selon que les autorisations sont basées sur des données d’inventaire fiables, si les chaînes d’approvisionnement illégales sont découvertes et si les règles plus strictes s’étendent réellement aux ports, aux marchés et aux bureaux de douane.
L’Annexe I ferme en grande partie le marché commercial international pour les requins-baleines et les mobulidés. Pour le requin-hâ et les émissoles, l’Annexe II crée plutôt une obligation de contrôle dont la qualité déterminera l’efficacité. L’actualisation chilienne constitue donc une étape juridique importante, sans remplacer une gestion rigoureuse des pêches ni la protection des habitats.



