Plongée avec les requins

Les super-habitats pourraient être la clé de la protection des requins

Les super-habitats comme le canal de Fakarava protègent les requins de récif gris à toutes les étapes de leur vie – de petites zones protégées avec un grand impact pour la conservation des requins.

Ronny K8. septembre 2025
Les super-habitats pourraient être la clé de la protection des requins en Polynésie française

Dans l’atoll de Fakarava (Polynésie française), des chercheurs ont identifié un canal d’environ un demi-mile de long comme centre de vie pour les requins de récif gris. Les animaux y trouvent nourriture, nettoyage, accouplement et même mise bas. De nombreux requins passent jusqu’à 90 % de leur temps dans cette petite zone. De nouvelles recherches suggèrent que de tels « super-habitats » peuvent apporter une contribution majeure à la protection des espèces de requins migrateurs.

Qu’est-ce qui caractérise un super-habitat ?

Les super-habitats combinent plusieurs fonctions vitales dans un espace restreint : des populations denses de proies, des conditions de courant appropriées, des zones de repos et des points de rencontre pour les poissons nettoyeurs. Dans le canal de Fakarava, tous ces éléments ont été documentés. Les chercheurs ont observé des morsures d’accouplement, des juvéniles et même une naissance, enregistrée à l’aide de caméras fixées sur les animaux et de biologgers.

Observations et méthodes

L’équipe dirigée par Yannis Papastamatiou (Florida International University) a combiné des observations sous-marines, des caméras sur les animaux et des balises de suivi. Ils ont ainsi pu démontrer que de nombreux individus reviennent régulièrement dans le canal et y passent presque toutes les phases de leur vie. De telles données montrent que non seulement les grandes zones protégées sont importantes, mais aussi la protection ciblée de petits habitats de haute qualité.

Pourquoi cela est pertinent pour la protection des requins

Les espèces très mobiles comme les requins parcourent de longues distances et sont donc difficiles à protéger. Les super-habitats offrent une opportunité : en protégeant ces corridors et points chauds, il est possible de sécuriser une grande partie de la population et de son cycle de reproduction avec un effort relativement faible. Papastamatiou souligne que les super-habitats ne sont pas une alternative complète aux grandes aires marines protégées, mais bien un complément efficace.

Recommandations d’action

Les chercheurs recommandent de rechercher activement d’autres super-habitats dans le monde et de les intégrer dans les plans de protection. Les mesures vont des interdictions temporaires de pêche à des régulations strictes pour la navigation et le tourisme, en passant par une surveillance locale. De tels corridors de protection pourraient aider à rendre les populations de requins plus résilientes face à la surpêche, à la perte d’habitat et aux conséquences du changement climatique.

Perspectives

L’exemple de Fakarava montre combien un impact protecteur peut être important dans des zones relativement petites et écologiquement riches. Le défi consiste maintenant à trouver des lieux similaires, à les valider scientifiquement et à les protéger en collaboration avec les autorités et les communautés locales avant que ces points chauds ne soient affaiblis par l’exploitation humaine.

« Les super-habitats ne seront jamais la solution unique, mais ils doivent impérativement faire partie des stratégies modernes de protection des prédateurs marins migrateurs. » – Yannis Papastamatiou

Quellen

Newsletter

Hai-Alarm im Postfach

Alerte requin dans la boîte mail

De vraies actualités plutôt que des mythes !
- Toutes les 2 semaines -