Plongée avec les requins

Requin bordé - Carcharhinus limbatus

Morphologie

Le requin à pointe noire est un requin requiem de taille moyenne, au corps élancé, clairement adapté à la nage rapide en pleine eau. La silhouette est profilée. Le tronc est long et cylindrique. La longueur totale maximale scientifiquement attestée est d’environ 280 centimètres. Cependant, la plupart des adultes mesurent entre 150 et 200 centimètres. Le poids corporel varie selon la région et le sexe. Les grands individus dépassent 100 kilogrammes. La morphologie hydrodynamique réduit la résistance à l’écoulement et permet des changements rapides de direction.

Tête et forme du museau

La tête est relativement courte. Le museau est long, étroit et pointu. Sa longueur correspond environ à la largeur de la bouche. Vu de dessus, il paraît en forme de coin. Cette caractéristique est importante pour distinguer des espèces similaires telles que Carcharhinus brevipinna.

Les ouvertures nasales sont situées ventralement à la pointe du museau. De petits lobes cutanés canalisent l’entrée d’eau vers les organes olfactifs.

Yeux et membrane nictitante

Les yeux sont de taille moyenne et ovales. Une membrane nictitante bien développée est présente. Cette membrane protectrice transparente se déploie sur l’œil lors de mouvements rapides ou de la capture de proies. Elle protège la cornée des agressions mécaniques.

La position latérale des yeux permet un large champ de vision. Une zone de chevauchement visuelle devant le museau autorise une vision binoculaire limitée.

Anatomie des nageoires et fonction hydrodynamique

La structure des nageoires est caractéristique et pertinente sur le plan taxonomique.

Première nageoire dorsale

La première nageoire dorsale est haute et falciforme. Elle prend naissance légèrement en arrière de la base des nageoires pectorales. La pointe est nettement colorée en noir. Ce marquage est à l’origine du nom.

Deuxième nageoire dorsale

La deuxième nageoire dorsale est nettement plus petite. On observe souvent ici aussi une pointe sombre. Une crête interdorsale marquée est absente. Ce caractère est diagnostique au sein du genre Carcharhinus.

Nageoires pectorales

Les nageoires pectorales sont longues, étroites et en forme de faucille. Elles s’insèrent bas sur le tronc. Leur forme génère une portance hydrodynamique. En combinaison avec le foie riche en huile, elles stabilisent la posture de nage.

Nageoire caudale

La nageoire caudale est fortement hétérocerque. Le lobe supérieur est allongé et possède une encoche subterminale. L’axe caudal s’incline légèrement vers le haut. Cette configuration produit une puissante propulsion avec une grande efficacité.

De même, l’extrémité de la caudale est généralement de couleur noire. Des marques noires se trouvent le plus souvent sur

  • de la première nageoire dorsale
  • de la deuxième nageoire dorsale
  • aux nageoires pectorales
  • de la nageoire caudale inférieure

La nageoire anale ne présente pas de pointe sombre. Ce détail permet une détermination sûre.

Structure de la peau et denticules dermiques

La peau est couverte de denticules dermiques serrés. Ces écailles placoïdes présentent une pointe centrale avec des bords latéraux. La surface est finement striée.

Des analyses microscopiques montrent que les denticules se chevauchent comme des tuiles. Leur orientation réduit les turbulences dans les couches limites. Des études en mécanique des fluides démontrent une diminution mesurable de la résistance par frottement pour des structures de surface comparables.

La peau est rugueuse en direction de la tête. Dans l’autre sens, elle paraît lisse.

Squelette et appareil de soutien

Comme tous les requins modernes, Carcharhinus limbatus possède un endosquelette entièrement cartilagineux. Le cartilage est plus léger que le tissu osseux. Les régions fortement sollicitées, comme les mâchoires et la colonne vertébrale, sont partiellement renforcées par des sels de calcium.

Colonne vertébrale

La colonne vertébrale est composée de nombreuses vertèbres amphicentriques. Ces vertèbres doublement concaves permettent des mouvements latéraux flexibles. La propulsion résulte de mouvements latéraux du corps, transformés en poussée par la nageoire caudale.

Appareil mandibulaire et dentition

Les mâchoires sont puissamment développées. La mâchoire supérieure n’est pas soudée au crâne. Cette hyostylie permet une protrusion lors de la morsure.

Les dents de la mâchoire supérieure sont larges, triangulaires et fortement dentelées. Les dents de la mâchoire inférieure sont plus étroites et également dentelées. Plusieurs rangées dentaires fonctionnelles se succèdent. La perte de dents est continuellement compensée.

Les animaux adultes possèdent généralement 15 rangées dentaires par moitié de mâchoire dans la mâchoire supérieure et 15 dans la mâchoire inférieure, en plus des dents symphysaires.

Système de flottabilité

Carcharhinus limbatus ne possède pas de vessie natatoire. La flottabilité statique est assurée par un gros foie riche en huile. Celui-ci contient de hautes concentrations de squalène. La densité du corps en est ainsi réduite.

La flottabilité dynamique résulte du déplacement vers l’avant et de l’orientation des nageoires. La combinaison de la flottabilité assurée par le foie et de l’effet hydrodynamique des surfaces stabilise la position de nage.

Organes sensoriels comme spécialisation anatomique

Organe de la ligne latérale

La ligne latérale est nettement visible le long du flanc du corps. Elle enregistre des ondes de pression et des vibrations dans l’eau. Les neuromastes présents dans les canaux réagissent à des mouvements d’eau minimes.

Ampoules de Lorenzini

Le museau présente une forte densité de pores électrorécepteurs. Ces ampoules sont des canaux remplis de gel capables de percevoir des champs électriques de l’ordre du microvolt. Les contractions musculaires d’autres animaux génèrent de tels champs.

Sens de l’odorat

Les organes olfactifs sont composés de plis en forme de lamelles à l’intérieur des capsules nasales. La surface est fortement augmentée. Des études expérimentales sur des espèces apparentées montrent une grande sensibilité aux acides aminés dans l’eau.

Répartition du petit requin à pointe noire

Le petit requin à pointe noire Carcharhinus limbatus est répandu dans les régions marines tropicales et tempérées chaudes du monde entier. L’espèce occupe les zones côtières de l’Atlantique, de l’océan Indien et du Pacifique. Sa distribution est étendue, mais structurée régionalement.

Requin pointe noire Carcharhinus limbatus — carte de répartition et d'habitat
Chris_huh, sous licence CC BY-SA 3.0. Source : Wikimedia Commons.

Atlantique

Dans l’Atlantique occidental, l’aire de répartition s’étend de la côte est des États-Unis, en passant par le golfe du Mexique et les Caraïbes, jusqu’au sud du Brésil. Des populations particulièrement denses ont été documentées pour la Floride et le golfe du Mexique septentrional. De longues campagnes de marquage montrent ici des migrations saisonnières récurrentes le long du littoral.

Dans l’Atlantique oriental, l’espèce se rencontre au large des côtes d’Afrique de l’Ouest. Des observations vont du Sénégal à l’Angola. Certaines populations utilisent des régions insulaires proches des côtes.

Océan Indien

Dans l’océan Indien, Carcharhinus limbatus colonise les côtes de l’Afrique de l’Est, la Mer Rouge, le golfe Persique ainsi que les zones maritimes au large de l’Inde et du Sri Lanka. L’espèce est également régulièrement observée au large du nord-ouest de l’Australie. Les relevés côtiers montrent qu’elle utilise principalement les secteurs peu profonds du plateau continental.

Pacifique

Dans le Pacifique occidental, l’aire de répartition s’étend du sud de la Chine à travers l’Asie du Sud-Est jusqu’au nord de l’Australie. Dans le Pacifique oriental, la répartition va de la Californie du Sud à travers l’Amérique centrale jusqu’au Pérou. Des différences régionales dans la structure des populations indiquent un échange génétique limité entre les bassins océaniques.

Habitat du petit requin à pointe noire

Carcharhinus limbatus est une espèce de requin fortement liée aux côtes. Son habitat se situe principalement sur le plateau continental, dans des eaux peu profondes.

Profondeur et dépendance côtière

La plupart des observations proviennent de profondeurs inférieures à 30 mètres. Des individus isolés ont été enregistrés jusqu’à environ 100 mètres de profondeur. Les juvéniles se tiennent souvent dans des zones extrêmement peu profondes, avec moins de deux mètres d’eau.

Elle préfère les fonds sablonneux ou limoneux. Les lieux de séjour typiques sont les baies, les lagunes et les embouchures de rivières. Les mangroves jouent également un rôle central en tant qu’habitats côtiers structurés.

Température et salinité

Le requin pointe noire vit dans des eaux chaudes avec des températures comprises entre environ 20 et 30 degrés Celsius. Dans les marges de son aire de répartition, il effectue des migrations côtières saisonnières vers des régions plus chaudes. Les données de télémétrie du nord-ouest de l’Atlantique montrent des déplacements réguliers nord-sud le long de la côte.

L’espèce tolère les conditions d’eau saumâtre et pénètre dans les estuaires. Des séjours permanents en eau douce pure n’ont pas été documentés. L’utilisation des zones de transition entre la mer et les cours d’eau augmente la flexibilité écologique de l’espèce.

Aires de nurserie en eaux peu profondes

Les zones côtières protégées servent de nurseries. Des études dans le golfe du Mexique montrent que les nouveau-nés utilisent de préférence des baies peu profondes à faible courant. Ces zones offrent des conditions environnementales stables et réduisent les rencontres avec des prédateurs plus grands.

Les juvéniles présentent une forte fidélité au site. Des études de marquage documentent des retours répétés dans les mêmes secteurs côtiers au cours des premiers mois de vie. Ce n’est qu’avec l’augmentation de leur taille qu’ils étendent leur habitat vers des zones de plateau plus profondes.

Importance écologique des habitats côtiers

L’attachement étroit aux écosystèmes côtiers productifs caractérise le profil écologique de Carcharhinus limbatus. Les plateaux continentaux peu profonds, les estuaires et les mangroves figurent parmi les habitats les plus biologiquement actifs des océans. L’espèce utilise ces zones comme habitat permanent et comme aires de croissance.

Les régions côtières sont soumises à une utilisation humaine intensive. Les changements liés à l’urbanisation, à la pollution et à la pêche affectent directement l’habitat disponible. En raison de son fort attachement côtier, le requin pointe noire réagit de manière sensible aux modifications structurelles de ces habitats.

  • Statut mondial : IUCN Vulnérable (VU), tendance des populations en déclin ; déclin présumé sur trois générations : 30–49%.
  • Contrastes régionaux : aux États-Unis, les unités évaluées (Atlantique/Golfe) sont considérées comme non surexploitées et il n’y a pas de surpêche.
  • Commerce : En tant que requin requiem (famille Carcharhinidae), l’espèce est inscrite à l’Annexe II de la CITES (inscription des requins requiem ; entrée en vigueur 25.11.2023).
  • Leviers clés : (1) réduire la mortalité due à la pêche (captures ciblées et captures accessoires), (2) protéger les nurseries côtières, (3) améliorer la qualité des données sur les captures/le commerce, (4) renforcer la mise en œuvre de la CITES (NDFs, identification des espèces, application).

Statut global et cadre juridique

Liste rouge de l’UICN (mondial)

Le petit requin à pointe noire est classé au niveau mondial comme Vulnérable (VU) (Critères : A2bd),
Date d’évaluation : 18.11.2020, Publication : 2021. La tendance mondiale est indiquée comme en déclin.

CITES (régulation du commerce)

Depuis 25.11.2023, des obligations CITES s’appliquent au commerce international des requins Requiem (Carcharhinidae spp., Annexe II).
Les exportations exigent en pratique, entre autres, des Non-Detriment-Findings (NDF) solides et une mise en œuvre nationale efficace.

Europe / Méditerranée (régional)

En Europe, l’espèce est parfois listée dans les synthèses régionales comme Data Deficient (DD) — un indicateur d’une insuffisance de données
et d’informations limitées et fiables sur les tendances dans le contexte européen.

Histoire de vie et vulnérabilité

Le petit requin à pointe noire utilise préférentiellement les eaux côtières peu profondes (p. ex. estuaires, baies, mangroves, lagunes).
Cette utilisation comme aire de nurserie augmente la sensibilité à la pêche côtière et à la dégradation de l’habitat.

Maturité et durée de génération

  • Durée des générations : environ 9–16 ans (variable selon la région).
  • Maturité sexuelle : variable selon la région (les exemples vont d’environ 5–7 ans à des âges plus élevés).

Reproduction

L’espèce est vivipare (vivipare placentaire). Les tailles de portée sont généralement à un seul chiffre ; les valeurs documentées vont jusqu’à 1–11 juvéniles.
Ces paramètres signifient : un rétablissement est possible, mais une pression d’extraction élevée et soutenue est difficile à compenser sans gestion.

Situation des populations et évaluations régionales

Les données sont hétérogènes à l’échelle mondiale : dans les régions bien gérées, des évaluations formelles existent, tandis que dans de nombreux autres domaines, les lacunes de données prédominent.

Großregion Bewertung / Beispiel Trendbild (Einordnung) Evidenzqualität
Atlantique Nord-Ouest / Caraïbes États-Unis (Atlantique) : pas surexploité, pas de surpêche Plus stable dans les eaux américaines ; Caraïbes globalement hétérogènes & pauvres en données Élevé (États-Unis), faible–moyen (Caraïbes dans l’ensemble)
Golfe du Mexique / Golfe d’Amérique États-Unis (Golfe) : pas surexploité, pas de surpêche Stabilité soutenue par la gestion ; les débarquements fluctuent Élevé (États-Unis)
Atlantique Est (Europe) Régionalement parfois DD Pas de tendance fiable, les lacunes de données dominent Niedrig
Méditerranée Régionalement parfois DD Présences marginales/rares, statut incertain Faible
Afrique de l’Ouest Preuves d’aires de nurserie ; peu d’estimations robustes des stocks Principe de précaution recommandé (prises accessoires + pression côtière) Faible–mittel
Océan Indien Les synthèses mondiales indiquent des pressions régionales Probable diminution dans les régions pauvres en données Moyen (sur la base d’indicateurs)
Pacifique Ouest (Australie à titre d’exemple) Plusieurs stocks : certains « durables », d’autres « indéfinis » Australie généralement plus favorable ; ailleurs souvent des lacunes de données Élevé (AU), sinon faible–moyen

Signal de gestion : Le contraste entre le statut de menace global et les évaluations régionales stables (États-Unis/Australie) montre combien une gestion efficace peut influencer l’état des populations.

Menaces et voies de pression

1) Pêche (captures ciblées & prises accessoires)

Le principal moteur du déclin global est la pression de la pêche — tant par les prélèvements ciblés (chair, ailerons) que par les captures accessoires dans les pêcheries côtières et hauturières. De plus, la mortalité post-relâche (p. ex. après capture en filets) peut être pertinente.

2) Dégradation de l’habitat & développement côtier

Comme les juvéniles se développent souvent dans des nurseries côtières, la perte ou la dégradation de ces habitats (p. ex. par l’urbanisation, la pollution ou les modifications des estuaires/mangroves) a un impact particulièrement fort sur le recrutement.

3) Pollution (bien documentée localement, lacunaire à l’échelle mondiale)

Pour certaines régions, il existe des indices d’exposition aux polluants (p. ex. au mercure) dans les nurseries. Cependant, à l’échelle mondiale, il manque souvent des programmes de surveillance harmonisés pour quantifier l’ampleur à grande échelle.

4) Changement climatique (distribution & limites de gestion)

Les modifications de la température et de l’environnement peuvent modifier la répartition, les migrations et le chevauchement spatial avec les pêcheries. Cela peut mettre sous pression les limites de gestion existantes et les logiques saisonnières et nécessiter une gestion adaptative.

Données sur la pêche et le commerce

Commerce (nageoires/viande) & traçabilité

Les nageoires peuvent être commercialisées à l’international ; en même temps, les statistiques de captures et de commerce sont souvent inexactes au niveau des espèces. C’est précisément là que l’annexe II de la CITES intervient — mais cela ne sera efficace qu’avec une identification précise des espèces, une documentation rigoureuse et une mise en application.

Gestion, protection et efficacité

États-Unis comme cas de référence

Aux États-Unis, les déterminations formelles du statut (Atlantique/Golfe) montrent que les stocks peuvent être gérés de manière stable ou durable sous une architecture réglementaire stricte (évaluations, logique des quotas, limites de rétention, fermetures, surveillance).

Australie (exemple : Pacifique occidental)

Les fiches de rapport sur les stocks australiennes classent plusieurs stocks comme durables, tout en signalant des risques dus à la pression de la pêche et à la dégradation des habitats.
La comparaison internationale souligne : les risques globaux sont particulièrement importants là où les données et la gestion sont faibles.

Rôle de la CITES — et limites en l’absence d’application

L’annexe II de la CITES impose des obligations (notamment des NDF) et peut améliorer la traçabilité. Sans contrôles, capacités et données suffisants, son efficacité demeure toutefois limitée.

Le Kleine Schwarzspitzenhai est un requin côtier présent dans le monde entier, des mers tropicales aux mers tempérées chaudes. Il utilise les zones peu profondes proches du littoral (y compris les zones d’eau saumâtre et les estuaires) ainsi que les habitats du plateau continental. Dans certaines régions, il effectue de fortes migrations et peut former, de manière saisonnière, de grands bancs ou des rassemblements massifs.

Du point de vue trophique, l’espèce est principalement piscivore : les principales proies sont les poissons en banc et d’autres poissons osseux ; les céphalopodes et les crustacés sont utilisés en complément selon la région et l’âge. Des études combinées du contenu stomacal et des isotopes indiquent que les Schwarzspitzenhaie occupent, dans de nombreux endroits, un niveau trophique élevé (décrits régionalement comme des consommateurs tertiaires).

Sur le plan de la reproduction, l’espèce est vivipare placentale (placenta à sac vitellin). Plusieurs populations montrent une tendance à une reproduction bisannuelle, avec une gestation d’environ 10–12 mois et des tailles de portée variables selon les régions.

Mode de vie

Migrations et agrégations saisonnières

Pour les stocks de l’Atlantique Ouest, des migrations côtières saisonnières sont décrites en détail : au cours de l’année, les individus se déplacent le long de la côte, avec des concentrations hivernales dans des eaux très peu profondes, dans certains tronçons «goulot d’étranglement» de la route migratoire. Les relevés aériens et les transects montrent que ces agrégations hivernales peuvent atteindre des proportions exceptionnelles et sont fortement corrélées à la température de l’eau (fortes densités en eaux plus fraîches).

Schémas d’activité quotidienne et comportement social

Pour les juvéniles dans les nurseries, les variations jour-nuit sont bien documentées : utilisation d’un habitat central pendant la journée, extension vers d’autres zones de la baie la nuit. Pour les adultes, les rythmes journaliers sont souvent déduits indirectement à partir de données d’observation ou de comptage (p. ex. relevés par drone), en gardant toujours à l’esprit que la visibilité et le comportement influent sur la probabilité de détection.

Le comportement social est caractérisé par une agrégation flexible : l’espèce peut se regrouper, parfois en très grandes concentrations saisonnières. La territorialité classique (territoires défendus) n’est pas décrite comme un modèle dominant dans les sources principales ici consultées.

Philopatrie (fidélité au site)

Les données génétiques indiquent une structuration marquée des populations et sont compatibles avec une philopatrie maternelle (les femelles retournent aux zones de naissance/de croissance). Cela a des implications pour la gestion, car les prélèvements locaux ne sont pas forcément compensés par l’immigration.

Alimentation

Le spectre trophique est principalement dominé par les poissons, mais il varie taxonomiquement selon la région, l’habitat et l’ontogenèse. Les poissons en bancs sont souvent cités ; céphalopodes et crustacés complètent parfois le régime.

Contenu stomacal & isotopes stables (exemple Golfe du Mexique)

Les analyses combinées montrent souvent une forte domination des poissons osseux dans l’alimentation à court terme (contenu stomacal) et des signatures isotopiques soutenant plutôt des voies alimentaires à influence pélagique. De plus, des déplacements ontogénétiques ont été décrits (les valeurs isotopiques augmentent avec la taille corporelle), ce qui suggère des changements du spectre trophique ou de la position trophique avec l’âge.

Interprétation analytique

La combinaison d’une alimentation dominée par les téléostéens et de positions trophiques élevées suggère que le petit requin à pointe noire agit dans de nombreux systèmes côtiers comme un « méso-prédateur supérieur » : positionné haut dans la chaîne trophique, mais pas nécessairement un prédateur apical sans ennemis.

Reproduction

Le petit requin à pointe noire est vivipare placenté (matrotrophe). Selon la population, une durée de gestation de 10–12 mois est rapportée; la taille des portées varie considérablement. Dans plusieurs régions, on décrit un cycle de reproduction biennal (tous les deux ans).

Exemple côte sud-est des États-Unis

  • Cycle: biennal; gestation d’environ 1 an
  • Accouplement/ovulation: décrit régionalement à la fin du printemps/début de l’été
  • Naissance: dans des nurseries côtières peu profondes; les jeunes restent d’abord en eau très peu profonde

Exemple Golfe du Mexique

  • Saisonnalité: accouplement et naissance avec des pics au printemps décrits
  • Durée de gestation: environ 12 mois
  • Taille des portées: régionalement en moyenne plus petite que dans certains rapports africains

Exemple Afrique de l’Ouest / Afrique du Nord

  • Taille à la naissance: dans la littérature souvent autour de 61–65 cm (LT)
  • Taille des portées: parfois rapportée : 6–8
  • Cycle: décrit dans certaines études comme éventuellement biennal

Principales incertitudes lors de la comparaison

  • Mesures de longueur: LT (longueur totale) vs. LF (longueur à la fourche) ne sont pas toujours utilisées de manière cohérente.
  • Divergences régionales: les différences de taille des portées/paramètres de maturité peuvent être biologiquement réelles, mais aussi résulter d’effets d’échantillonnage et de méthodologie.
  • Confusions taxonomiques: En Australie, la délimitation par rapport à des espèces proches/hybrides est un écueil bien connu.

Fiche descriptive

  • Première description :(Valenciennes, 1839)
  • Taille max. :2,86m
  • Profondeur :0 - 140m
  • Âge max. :9-16 Jahre
  • Poids max. :122kg
  • Type d'eau :Eau salée, Eau saumâtre
  • Statut UICN :Vulnérable

Systématique

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