Plongée avec les requins

Grands requins-marteaux : une nouvelle sonde pose des balises et prélève des biopsies

Une nouvelle sonde sous-marine balise les grands requins-marteaux tout en prélevant des tissus. Les essais en Polynésie française montrent son potentiel.

Sharky24. juillet 2026
Grand requin-marteau Sphyrna mokarran en gros plan de trois quarts face
Albert kok, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le grand requin-marteau (Sphyrna mokarran) est en danger critique et difficile à étudier. Chaque rencontre avec un animal libre est précieuse, mais balises et tissus sont normalement obtenus séparément. Une nouvelle étude dans Marine Biology présente une sonde qui réalise les deux tâches en une intervention.

L’équipe a conçu la sonde pour une lance sous-marine modifiée. Au contact, elle fixe une balise et prélève un petit échantillon. L’objectif est de recueillir beaucoup d’informations sans capturer l’animal ni le poursuivre pour plusieurs procédures, ce qui réduit l’intervention sur une espèce rare et sensible.

Trois campagnes à Rangiroa et Tikehau

Le système a été testé dans les atolls de Rangiroa et Tikehau en Polynésie française, de février à mars 2023, de décembre 2023 à mars 2024 et de décembre 2024 à mars 2025. La conception a été progressivement améliorée.

Douze déploiements ont été documentés. Avec la version finale, la pose des balises a réussi dans 83 % des cas et le prélèvement dans 67 %. Huit biopsies ont été obtenues; quatre contenaient assez de muscle, outre la peau et le tissu sous-cutané, pour d’autres analyses.

Un petit échantillon répond à plusieurs questions

La peau et les tissus sous-jacents permettent des études génétiques sur la structure et la parenté des populations. Le muscle sert aussi aux analyses d’isotopes stables et d’acides gras, qui renseignent sur l’alimentation et le rôle écologique.

Les quatre échantillons musculaires adéquats pesaient en moyenne 0,11 gramme, avec une erreur standard de 0,06 gramme. Selon l’étude, cela suffit pour les deux analyses. Avec les déplacements enregistrés par la balise, on obtient un portrait bien plus complet du même animal.

Caméra et lasers complètent la sonde

Une caméra peut documenter l’intervention et des signes distinctifs; une plaque laser fournit une échelle pour estimer la taille. Balise, biopsie, photo-identification et mesure peuvent ainsi être réunies lors d’une seule rencontre.

La sonde relie des données sur les déplacements, l’alimentation, la génétique, la taille et les caractères individuels. Ces ensembles révèlent les habitats utilisés, les liens entre populations et les zones protégées importantes selon le stade de vie.

La recherche sans capture progresse

La pose d’une balise n’exige plus toujours capture et immobilisation. Le projet canadien présenté dans Canada : des requins blancs balisés par satellite sans capture en est un autre exemple. La nouvelle sonde y ajoute le prélèvement simultané.

Les méthodes diffèrent, mais visent toutes deux des données solides avec une intervention très brève. C’est essentiel pour les grands requins-marteaux, sensibles au stress de capture et rarement rencontrés.

Un outil pour protéger de rares géants marins

Les auteurs envisagent l’emploi chez les requins-marteaux, d’autres requins, des raies et une mégafaune difficile d’accès. La sonde devra être adaptée au corps, à la peau et au comportement de chaque espèce.

Pour la conservation, les données doivent améliorer les décisions. Migrations, zones de résidence, alimentation et structure des populations déterminent où les mesures de protection doivent agir. Moins d’intervention peut rendre la recherche plus efficace et plus douce.

Espèces mentionnées

Requin aveugle Brachaelurus waddi vu obliquement d’en haut sur un récif corallien rocheux

Requin aveugle

Sources

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