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Plongée avec les requins

Du cortisol détecté dans le sang de l’aiguillat du Pacifique

Du cortisol a été détecté dans le sang de l’aiguillat du Pacifique. L’étude suggère un effet métabolique, mais sa fonction naturelle reste incertaine.

Ronny K18. octobre 2026
Aiguillat du Pacifique Squalus suckleyi

Des chercheurs ont détecté du cortisol dans le sang d’aiguillats du Pacifique (Squalus suckleyi). Une nouvelle étude menée au Canada remet ainsi en question l’idée longtemps admise selon laquelle les requins ne produisent pas cette hormone. Publiés dans Proceedings B, les travaux portent sur une seule espèce en laboratoire. Ils ne permettent pas encore de déterminer le rôle habituel du cortisol chez les requins sauvages.

Une hormone difficile à détecter

Chez les requins et les raies, une autre hormone stéroïdienne, la 1α-hydroxycorticostérone, est considérée comme particulièrement importante. Certaines anciennes mesures de cortisol ont donc été interprétées comme une confusion entre les deux substances par les tests utilisés. Comme l’explique Phys.org, l’équipe a d’abord séparé les composants des échantillons sanguins par chromatographie. Une analyse indépendante associant chromatographie liquide et spectrométrie de masse en tandem a confirmé la présence de cortisol dans deux échantillons.

Les chercheurs ont également trouvé, dans un tissu producteur d’hormones, des transcrits d’un gène codant une enzyme impliquée dans la formation de précurseurs du cortisol. Cela étaye une voie de synthèse possible, sans démontrer que cette enzyme y est effectivement active.

Des détections dans différentes conditions expérimentales

Une expérience a d’abord exposé les animaux à de l’eau de mer diluée pendant 48 heures, avant d’étudier leur récupération dans de l’eau de mer normale. Une autre a utilisé un traitement antibiotique de cinq jours. Du cortisol était détectable dans le sang dans les deux conditions. Toutefois, les concentrations mesurées ne présentaient pas systématiquement de différences statistiquement significatives entre les groupes ou les moments comparés.

Une éventuelle participation de microorganismes au métabolisme des stéroïdes reste une hypothèse. Les expériences ne permettent pas de distinguer avec certitude la contribution des changements microbiens, du traitement et de la manipulation des animaux aux détections. Une mesure inférieure au seuil de détection ne prouve pas non plus l’absence totale d’une substance.

Des indices d’un effet sur la glycémie

Dans une autre expérience, six requins ont reçu des implants de cortisol dans de l’huile de coco et six animaux témoins ont reçu uniquement l’huile. La glycémie était globalement plus basse chez les animaux traités, tandis que les effets sur l’équilibre hydrique et salin restaient faibles. Cela suggère un rôle possible dans le métabolisme énergétique, sans établir définitivement la fonction naturelle de l’hormone.

Ces travaux apportent donc une preuve concrète de la présence de cortisol chez l’aiguillat du Pacifique. D’autres recherches devront déterminer si des processus similaires existent chez d’autres requins et raies et dans quelles circonstances l’hormone agit en milieu naturel.

Sources

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