Plongée avec les requins

L’UE a exporté moins d’ailerons de requin en 2025, mais le commerce reste lucratif

Les exportations d’ailerons de requin de l’UE sont tombées à 2 700 tonnes et 44,8 millions d’euros en 2025, mais le commerce reste important.

Sharky14. juillet 2026
Différentes espèces de requins sans ailerons
Image: Sebastián Losada, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Le commerce européen des ailerons de requin a reculé en 2025, mais il reste un marché important. De nouveaux chiffres d’Eurostat évaluent les exportations hors UE à environ 2 700 tonnes, pour 44,8 millions d’euros.

Par rapport à 2024, le volume exporté a baissé de 15,2 pour cent et la valeur de 31,3 pour cent. Cette baisse suit toutefois une année exceptionnellement élevée; elle ne prouve pas à elle seule une diminution durable des captures.

Une baisse après une année record

En 2024, l’UE avait exporté environ 3 100 tonnes d’ailerons pour 65,3 millions d’euros. Le volume avait plus que doublé depuis 2023 et la valeur avait augmenté de 91 pour cent.

Les 2 700 tonnes de 2025 restent donc inférieures au pic de 2024 mais nettement supérieures au niveau de 2023. Eurostat relie une partie du recul précédent aux perturbations liées à la pandémie.

Le requin bleu domine les exportations mesurées

Les ailerons congelés représentaient 89,9 pour cent de la valeur exportée, soit 40,3 millions d’euros. Dans cette catégorie, 97,2 pour cent du commerce concernait le requin bleu, le reste étant attribué au mako à nageoires courtes.

Ces chiffres montrent quelles espèces dominent le commerce statistiquement visible. Ils ne prouvent pas qu’un stock est exploité durablement; il faut pour cela des données d’origine, de pêche, de capture et de population.

Singapour et la Chine dominent les destinations

Presque toutes les exportations sont allées vers l’Asie. En valeur, Singapour représentait 41,5 pour cent et la Chine 40,9 pour cent, devant Hong Kong, le Japon et le Vietnam.

Les importations de l’UE étaient beaucoup plus faibles: 20,2 tonnes pour 300 000 euros en 2025, contre 66,9 tonnes et 1,2 million d’euros en 2023.

La CITES encadre le commerce sans l’interdire

Depuis le 25 novembre 2023, de nombreuses espèces supplémentaires de requins sont soumises à des contrôles internationaux plus stricts. Eurostat indique que 60 espèces ont alors été ajoutées. Une inscription à l’Annexe II de la CITES n’est pas une interdiction générale, mais les exportations doivent prouver l’origine légale et l’absence de menace pour l’espèce sauvage.

Depuis janvier 2025, l’UE utilise aussi 13 nouveaux codes douaniers et statistiques pour les requins et produits de requin. Cela améliore la visibilité par espèce, tout en compliquant les comparaisons avec les années précédentes.

Ce que cela signifie pour la protection

Un volume exporté plus faible ne réduit la pression que s’il correspond réellement à une baisse de la demande et des captures. Les chiffres seuls ne le démontrent pas.

Le progrès le plus net est la transparence. Des données par espèce aident les autorités à comparer permis, captures et évaluations de stocks. Elles ne garantissent pas la durabilité, mais rendent une partie de la chaîne moins invisible.

Espèces mentionnées

Requin bleu prionace glauca en eau bleue

Requin bleu

Mako à nageoires courtes isurus oxyrinchus

Mako à nageoires courtes

Sources

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