Plongée avec les requins

Des jumeaux identiques de petite roussette découverts dans une capsule d’œuf

En Albanie, des chercheurs ont documenté les premiers jumeaux identiques chez la petite roussette. Les embryons partageaient un sac vitellin, mais sont morts avant l’éclosion, probablement en raison de contraintes physiologiques.

Sharky17. août 2026
Deux embryons de petite roussette dans une capsule au-dessus d’un sac vitellin commun

Dans un œuf de petite roussette (Scyliorhinus canicula), les chercheurs ont découvert deux embryons partageant un seul sac vitellin. Le cas rapporté par Discover Wildlife est la première documentation confirmée de vrais jumeaux chez cette espèce. Les deux embryons se sont initialement développés normalement, mais n’ont pas survécu jusqu’à l’éclosion.

Le point de départ n’était pas une capture ciblée pour l’expérimentation. Le 7 février 2024, Sharklab ADRIA a examiné 216 petites roussettes mortes qui ont été ramassées comme prises accessoires par un chalutier commercial opérant depuis Vlorë en Albanie à une profondeur de 150 à 200 mètres. Parmi les animaux, il y avait 31 femelles adultes. Les capsules d’œufs développées ont été collectées et ensuite incubées dans des conditions contrôlées.

Deux embryons reliés à un même sac vitellin

Le 11 mars 2024, l’équipe a remarqué deux embryons dans une capsule d’œuf. Chacun était relié au même sac vitellin via sa propre tige vitelline. Tous deux se déplaçaient indépendamment l’un de l’autre et correspondaient initialement aux stades de développement habituels de l’espèce. L’équipe a surveillé la température, la salinité et la concentration en oxygène des réservoirs plusieurs fois par jour.

À la fin du mois de mars, les deux embryons avaient développé des filaments branchiaux externes visibles, des ébauches de nageoires et des vaisseaux sanguins sur le sac vitellin. Cependant, il y avait des différences : un jumeau était de couleur plus rouge et avait un vaisseau vitellin nettement plus fin. Au 1er avril, cet embryon se déplaçait déjà plus lentement que son frère.

Le 3 avril, le premier embryon a cessé de bouger et a été déclaré mort au bout de cinq heures sans aucune respiration apparente. Le second est resté actif dans un premier temps, mais a également été retrouvé mort le 4 avril. L’étude documente ainsi non seulement de vrais jumeaux, mais aussi leur développement complet jusqu’à leur mort.

Les échanges d’oxygène ont probablement été le facteur limitant

L’étude originale publiée dans Journal of Fish Biology n’attribue pas simplement la mort à un manque de nourriture. Au moment du décès, d’importantes réserves de jaune étaient encore présentes. Il est plus probable que la demande combinée en oxygène ait dépassé la capacité de la capsule d’œuf conçue pour un seul embryon. À ce stade du développement, une phase avec un faible apport en oxygène se produit de toute façon dans la capsule.

Les chercheurs citent le stress oxydatif, l’accumulation de dioxyde de carbone et de produits métaboliques et l’hyperacidification comme conséquences possibles. Après la mort du premier jumeau, des composés azotés supplémentaires et d’autres produits de décomposition peuvent avoir aggravé les conditions du deuxième embryon. Il s’agit d’explications physiologiques de l’étude, et non d’une cause unique de décès directement mesurée.

Pas les premiers jumeaux, mais le premier cas identique confirmé

L’expression « premiers jumeaux » nécessite une mise en garde importante. Déjà en 2019, deux embryons dans une capsule d’œuf ont été examinés génétiquement chez la petite roussette. Ces animaux provenaient de pères différents et étaient donc dizygotes. Le nouveau cas diffère par le sac vitellin commun et l’origine monozygote déduite de cette connexion.

Le nouveau travail ne décrit pas de test d’identité génétique des deux embryons. Les chercheurs fondent la classification comme monozygote sur la connexion anatomique des deux embryons avec un seul sac vitellin et sur l’évolution du développement observée. Ils décrivent donc cette découverte comme une preuve solide de jumelage monozygote.

Une anomalie rare du développement aux conclusions limitées

Un seul cas ne permet pas de dire avec quelle fréquence de vrais jumeaux surviennent chez la petite roussette en Méditerranée ou dans d’autres parties de son aire de répartition. Cependant, il montre quelles limites physiologiques peuvent survenir lorsque deux embryons partagent une capsule d’œuf et ses structures d’approvisionnement.

Pour la recherche, cette découverte constitue donc avant tout une fenêtre rare sur la biologie reproductive des requins pondeurs. Dans le même temps, l’origine des capsules d’œufs nous rappelle que l’observation n’a été possible que parce que les mères sont mortes comme prises accessoires. D’autres capsules d’œufs récupérées chez les animaux se sont développées avec succès, selon Discover Wildlife ; après l’éclosion, les jeunes animaux ont été préparés pour être relâchés ultérieurement dans la nature.

Espèces mentionnées

Petit requin-chat tacheté Scyliorhinus canicula

Petite roussette

Sources

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