Plongée avec les requins

Requin soyeux dans l’Atlantique : 28 mesures de conservation comparées

Une étude spatialisée évalue la vulnérabilité du requin soyeux face à plusieurs pêcheries atlantiques. Les fermetures temporelles sont les plus efficaces, mais l’incertitude reste forte.

Sharky22. juillet 2026
Requin soyeux Carcharhinus falciformis au large de Cuba
Photo : Alex Chernikh, Jardines de la Reina, Cuba, CC BY 2.5

Un nouvelle étude en Reviews in Fish Biology and Fisheries étudie l’impact des différentes pêcheries sur les requins soyeux dans l’Atlantique et quelles mesures de gestion pourraient réduire le plus efficacement les prises accessoires.

Leire Lopetegui-Eguren et son équipe ont publié l’article le 20 juillet 2026. Il évalue 28 mesures alternatives de conservation et de gestion pour les grandes pêcheries desservies par ICCAT.

Pourquoi les analyses d’inventaire classiques ne fonctionnent guère

Le requin soyeux, Carcharhinus falciformis, vit de manière pélagique et est souvent capturé comme prise accessoire des pêcheries de thon et d’espadon dans le monde entier. Pour le atlantique Cependant, de nombreuses données nécessaires à une analyse d’inventaire classique manquent. L’effort de pêche, la sélectivité des engins et l’efficacité réelle de la pêche ne sont que partiellement connus spatialement et entre flottilles.

Les chercheurs ont donc utilisé le EASI-Fish, le Ecological Assessment of Sustainable Impacts of Fisheries. Cette approche relie la répartition spatiale d’une espèce à l’effort de pêche, à la probabilité de capture, à la biologie et à la mortalité. De cette manière, plusieurs pêcheries peuvent être visualisées ensemble, même si la base de données est incomplète.

Les palangres créent la plus grande pression cumulée

Dans le modèle, les pêcheries industrielles à la palangre étaient celles qui contribuaient le plus à la mortalité cumulée par pêche. Ce qui était crucial était leur large chevauchement spatial avec l’aire de répartition du requin soyeux. La senne coulissante, les filets maillants et les lignes à main ont apporté des contributions moindres mais néanmoins pertinentes.

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Plus d’informations

Une seule méthode de pêche, apparemment dominante, n’explique pas entièrement le risque. La valeur de l’étude réside dans l’équilibre partagé : de nombreuses flottes et appareils impactent la même population en même temps, tandis que les ensembles de données individuelles n’en montrent qu’une partie.

De plus en plus menacé à très menacé

L’évaluation dépend fortement de la manière dont l’incertitude est traitée. Selon des hypothèses qui reflètent explicitement des zones d’incertitude, le statut variait jusqu’à « de plus en plus à risque ». Selon des hypothèses de précaution, il appartenait à la catégorie de risque la plus élevée de la procédure utilisée.

Ce n’est pas une contradiction, mais un résultat important. Cette fourchette montre que les données manquantes représentent elles-mêmes un risque de gestion. Si seules les valeurs les plus optimistes sont utilisées, la pression peut être sous-estimée ; Une évaluation de précaution montre à quel point la situation pourrait être défavorable.

Les fermetures temporelles ont l’effet le plus fort dans le modèle

Parmi les 28 options examinées, les mesures d’évitement ont permis d’obtenir les réductions les plus importantes du risque modélisé. Celles-ci comprenaient des fermetures temporelles statiques de zones où la pêche et les requins soyeux se chevauchent particulièrement fortement. De telles mesures empêchent tout contact avant même qu’un animal n’entre en contact avec des engins de pêche.

Les mesures visant à réduire les conséquences des contacts antérieurs étaient plus modérées. Il s’agit notamment de l’interdiction des bas de ligne en acier dans la pêche à la palangre et de meilleures pratiques de manipulation et de remise à l’eau des senneurs. Ensemble, ils ont encore amélioré le résultat.

Une hiérarchie au lieu d’une mesure individuelle

Les auteurs sont favorables à une stratégie graduée : éviter autant que possible les rencontres avec les engins de pêche, réduire les captures inévitables et améliorer les chances de survie des animaux capturés. Aucune mesure ne résout à elle seule le problème pour toutes les flottes, zones et méthodes de pêche.

C’est précisément cette approche combinée qui est pertinente pour ICCAT. L’organisation réglemente la pêche au thon et aux pêcheries connexes dans l’Atlantique, dont les zones de pêche s’étendent bien au-delà des frontières nationales. Mesures de protection doit donc être adapté à la répartition spatiale des requins et à l’effort de pêche.

Là où les nouvelles données font la plus grande différence

L’analyse identifie trois lacunes particulièrement critiques : l’effort de pêche réel, l’efficacité des différents dispositifs et leur sélectivité. Des recherches ciblées dans ces domaines réduiraient la portée de l’évaluation et montreraient quelles mesures offrent la plus grande protection par intervention dans des conditions réelles.

L’étude ne fournit donc pas de chiffre d’inventaire apparemment exact. Au lieu de cela, il fournit un cadre auquel les décisions peuvent être comparées malgré l’incertitude. Pour le requin soyeux de l’Atlantique, le message clé est le suivant : éviter d’abord les chevauchements spatiaux, utiliser en outre des améliorations techniques et pratiques et combler les plus grandes lacunes en matière de données de manière ciblée.

Espèces mentionnées

Requin soyeux Carcharhinus falciformis en eau bleue

Requin soyeux

Sources

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