De jeunes requins-marteaux communs (Sphyrna zygaena) ont été documentés dans une petite baie près de l’île Isabela, aux Galápagos. La confirmation génétique est remarquable : l’archipel était resté plus de vingt ans sans signalement officiel de l’espèce.
La découverte est souvent présentée comme une nouvelle nurserie. Les recherches doivent encore déterminer la fréquence d’utilisation de la baie, la durée de séjour des juvéniles et l’existence d’autres sites comparables. Il s’agit donc d’une possible nurserie dont l’importance écologique est en cours d’évaluation.
Un signalement après plus de vingt ans
La Galápagos Conservancy a annoncé en mai 2024 que des scientifiques du parc national avaient trouvé des juvéniles pendant une expédition de Greenpeace. Une balise satellite a également été posée sur une femelle subadulte afin de suivre ses déplacements.
L’espèce a pu être négligée ou confondue avec le requin-marteau halicorne, bien mieux connu aux Galápagos. Le requin-marteau commun ne possède pas l’encoche centrale prononcée sur le bord antérieur de la tête, mais ce détail est difficile à observer chez de jeunes animaux en mouvement. L’analyse génétique a confirmé l’identification.
Qu’est-ce qu’une véritable nurserie ?
Un seul rassemblement de jeunes requins ne suffit pas. Les chercheurs recherchent une abondance supérieure aux zones voisines, un séjour prolongé et une utilisation répétée par plusieurs générations. Le projet vérifie ces critères sans transformer la première observation en conclusion définitive.
Balises, caméras, ADN et alimentation
Le rapport de la Texas A&M University at Galveston présente le travail de l’étudiante équatorienne María Antonia Izurieta Burbano De Lara, mené avec l’Universidad San Francisco de Quito, le parc national, MigraMar et d’autres partenaires.
Des émetteurs acoustiques portés par les juvéniles sont détectés dans la réserve marine. La vidéo sous-marine, les comparaisons génétiques et l’étude du régime alimentaire à partir d’échantillons fécaux renseignent sur la présence, le comportement, les liens entre populations et les proies.
Les Galápagos relient-elles les populations du Pacifique oriental ?
L’ADN collecté aux Galápagos est comparé à des échantillons provenant d’autres régions du Pacifique tropical oriental. Les résultats diront si les requins forment un groupe relativement isolé ou relient des populations situées plus au nord et au sud. L’archipel pourrait ainsi appartenir à un vaste réseau migratoire.
La protection ne s’arrête pas aux limites de la réserve
Les requins-marteaux communs sont très mobiles. Ils sont protégés dans les aires marines des Galápagos, mais les animaux plus âgés peuvent rejoindre des eaux soumises à une forte pression de pêche. Identifier nurseries, périodes de départ et corridors est indispensable pour protéger leur cycle de vie.
Pourquoi préserver la localisation précise
Les rapports publics situent la baie près d’Isabela sans promouvoir un emplacement précis. Cette prudence convient à un habitat juvénile sensible et à une recherche en cours. Les plongeurs ne devraient pas rechercher la baie, mais respecter les règles du parc et transmettre de manière responsable les observations fortuites.
De la redécouverte aux mesures de conservation
La découverte modifie notre vision des requins-marteaux des Galápagos, mais des questions demeurent. Le suivi doit montrer si la baie remplit les critères d’une nurserie, quand les juvéniles quittent les eaux protégées et comment les populations du Pacifique oriental sont reliées. Ces réponses guideront les décisions de conservation.


