Plongée avec les requins

Des caméras sur des grands requins blancs révèlent de rares moments de chasse

Une étude de Frontiers a équipé de jeunes grands requins blancs au large de la Nouvelle-Galles du Sud de caméras et d’accéléromètres. Les images montrent une forte utilisation des fonds sableux, des accélérations rares et des comportements souvent plus exploratoires qu’une attaque.

Sharky9. juillet 2026
Grand requin blanc (Carcharodon carcharias) en eau bleue

À quoi ressemble le monde avec une caméra installée directement sur un jeune grand requin blanc ? Une nouvelle étude dans Frontiers in Marine Science utilise exactement cette perspective. Les chercheurs ont attaché des caméras et des accéléromètres au jeunes grands requins blancs avant le New South Wales, leur permettant de voir un comportement facilement invisible à la surface ou dans les données de mouvement normales.

Le travail A white shark’s view: insights into the behaviour of a marine predator a été publié le 8 juillet 2026 Frontiers in Marine Science.

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Plus d’informations

Une caméra plutôt que des suppositions

Les grands requins blancs sont souvent étudiés via des données satellite et acoustiques. De telles données sont précieuses, mais elles ne montrent pas toujours ce que fait un animal. Un profil de plongée similaire peut signifier la chasse, la relocalisation, l’exploration ou une réponse à d’autres animaux. Les caméras embarquées sur des animaux comblent cette lacune car elles combinent mouvement, profondeur, accélération et vue directe de l’environnement.

Dans l’étude, des ensembles de caméras ont été attachés à 13 jeunes grands requins blancs capturés et relâchés entre Evans Head et Port Macquarie sur la côte de New South Wales. Les animaux mesuraient entre 174 et 283 centimètres de long. Les caméras ont été temporairement fixées sur la première nageoire dorsale et se sont détachées au bout de quelques jours afin de pouvoir être récupérées en surface.

Important pour la classification : les chercheurs n’ont pas simplement évalué les premières minutes après la capture. Dans la plupart des opérations, l’enregistrement continu n’a commencé que 24 heures après le lâcher afin de minimiser autant que possible les effets aigus de capture et de récupération. Les données ont ensuite été codées seconde par seconde : position dans la colonne d’eau, comportement de nage, type de fond et rencontres avec d’autres espèces.

68,5 heures du point de vue de jeunes grands requins blancs

Au final, 68,5 heures de matériel vidéo de onze requins ont été exploitables. Sept animaux avec des enregistrements continus ont montré une image étonnamment proche du fond : 50,1 % du temps ils ont nagé le long du fond marin, 34,5 % près de la surface et seulement 9,2 % dans la colonne d’eau libre.

Lorsque le sol était visible, les habitats sablonneux et moins complexes prédominaient. Le sable représentait 89 pour cent de l’utilisation des terres observée, les zones récifales 9 pour cent et le varech seulement 2,1 pour cent. La profondeur moyenne était d’environ 51 mètres ; la valeur documentée la plus profonde était de 115 mètres.

Les accélérations de chasse étaient rares

The cameras recorded 20 short burst events, i.e. moments with significantly increased tail beat and speed. Ces événements n’ont duré que 5 à 54 secondes et représentaient 0,12 pour cent de la durée totale d’observation. None of the events ended with an observed successful capture of prey.

Dans seulement trois de ces 20 accélérations, la proie possible était visible dans les enregistrements. Un marlin, un événement avec murènes et poulpes et un dauphin sont évoqués. Particulièrement passionnant : 16 des 20 événements ont commencé alors que le requin nageait au fond de l’océan ; dix couraient horizontalement sur le sol.

Cela diffère de l’image classique du grand requin blanc, qui tire verticalement sur les phoques à la surface par le bas. L’étude suggère que le jeunes grands requins blancs utilise également des mouvements horizontaux au niveau du sol dans cette région, examinant souvent des proies potentielles plutôt que de les attaquer immédiatement.

Beaucoup de rencontres, peu d’attaque

Des proies potentielles sont apparues 85 fois dans les vidéos. Ceux-ci comprenaient des poissons osseux tels que des carangues et des marlins, des raies, des raies pastenagues, des requins plus petits, une pieuvre et même d’autres grands requins blancs. Dans la plupart des cas, le requin et ses proies potentielles ont montré peu d’intérêt ou une réaction à peine visible.

Un grand requin blanc a fait trois fois le tour d’un poisson-aviron sans le manger. Un autre a montré un intérêt frappant pour les restes osseux épars de poissons téléostéens pendant 14 minutes. De telles séquences font justement la valeur des enregistrements vidéo : elles montrent non seulement où se trouve un requin, mais aussi quand le contact n’est pas une chasse.

Poisson compagnon dans l’image de la caméra

L’étude documente également de nombreuses rencontres avec de petits poissons de compagnie. Dans sept grands requins blancs, un seul poisson leader a été observé pendant un total de 17 heures. Ce poisson s’asseyait ou nageait souvent directement au-dessus ou devant la tête du requin. Scads à queue jaune (Atule mate) et les poissons pilotes (Naucrates ductor).

Des groupes de petits poissons accompagnaient également les requins : ces groupes ont été observés pendant un total de 13,5 heures sur huit grands requins blancs. Les poissons se sont frottés quatre fois sur la tête des requins, peut-être pour se débarrasser des parasites. Dans quatre autres cas, les requins se sont retournés brusquement et ont accéléré vers les poissons nageant derrière eux.

Pourquoi c’est important pour la protection des requins

Ce type de recherche est particulièrement pertinent pour le New South Wales, car le grands requins blancs se produit dans des habitats côtiers où les gens nagent, surfent et pêchent également. Mieux on comprendra quand les jeunes requins utilisent le fond, quand ils sont simplement en train d’explorer et quand de véritables tentatives de chasse ont lieu, plus les données d’observation et de gestion pourront être interprétées avec précision.

L’œuvre n’est pas un simple feu vert ou un nouveau récit de danger. Cela montre plutôt à quel point le comportement est sélectif et dépendant de la situation. Un grand requin blanc qui voit un autre animal n’attaquera pas automatiquement. Une impulsion de mouvement rapide n’est pas automatiquement une attaque réussie. Et un fond marin sablonneux pourrait être plus important pour jeunes grands requins blancs qu’on pourrait le penser vu de la surface.

La vraie victoire : le contexte

Le constat le plus fort réside donc moins dans un seul moment spectaculaire que dans le contexte. 68,5 heures de travail de caméra montrent principalement la vie quotidienne : nage sur le fond, transitions entre profondeur et surface, examens brefs, poissons accompagnants et de nombreuses rencontres sans attaques. C’est précisément cette vie quotidienne qui manque souvent lorsque le grands requins blancs n’est remarqué qu’à travers des observations individuelles ou des gros titres.

Pour Haitauchen, c’est un changement de perspective agréable et sobre : le grand requin blanc n’est pas seulement un animal symbolique du pouvoir et du risque. De son propre point de vue caméra, il devient un jeune prédateur qui utilise les sols sablonneux, sondant, esquivant, accélérant, étant accompagné et chassant rarement. De tels détails rendent la protection des requins non moins urgente, mais bien plus précise.

Espèces mentionnées

Grand requin blanc (Carcharodon carcharias) en eau bleue

Grand requin blanc

Sources

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