Une analyse préliminaire du génome de requins blancs dans le nord-ouest de l’Atlantique a identifié trois paires de frères et sœurs germains et sept couples de demi-frères et sœurs probables. Les résultats proviennent d’un projet en cours de OCEARCH et de la Texas A&M University-Corpus Christi. Un manuscrit scientifique évalué par des pairs n’est pas encore disponible, comme le souligne explicitement la communiqué d’OCEARCH du 25 août 2026.
Parmi les animaux connus se trouve le grand requin blanc mâle Jekyll, qui a été marqué en 2022. Après analyse, il est un frère complet de Olympia, marqué en 2021. Un autre requin nommé Simon présentait certes un schéma de migration similaire à celui de Jekyll, mais ne s’est pas avéré génétiquement être son frère.
Des frères et sœurs de générations différentes
L’un des trois paires de frères et sœurs germains devrait provenir de la même portée. Pour les deux autres couples, l’équipe a estimé, à l’aide de modèles de croissance, un écart d’âge d’environ cinq et dix-neuf ans. Si cela se confirme dans l’analyse complète, cela signifierait qu’au moins un couple de parents s’est reproduit avec succès à plusieurs reprises sur de nombreuses années.
Les frères et sœurs germains partagent en moyenne plus de matériel génétique que les demi-frères et demi-sœurs. Une telle attribution nécessite toutefois des données génomiques de haute qualité et un échantillon de référence approprié. OCEARCH désigne donc consciemment les sept autres paires comme de probables demi-frères et demi-sœurs et prévoit des séquençages supplémentaires.
Aucune preuve d’une migration familiale
Les données sur la parenté ne montrent pas que les frères et sœurs migrent ensemble, se reconnaissent ou apprennent leurs itinéraires les uns des autres. Les trois paires de frères et sœurs germains ont certes été échantillonnées chacune dans des habitats saisonniers similaires : un animal en hiver ou au printemps dans le sud-est des États-Unis, l’autre en été ou en automne devant la Nouvelle-Angleterre ou New York. Cependant, cela ne permet pas de déduire un voyage simultané.
Il est également connu d’autres études que les grands requins blancs peuvent parfois montrer des relations sociales. Cependant, la nouvelle analyse du génome répond à une autre question. Elle attribue la parenté biologique, pas le comportement social des animaux pendant leurs migrations.
Une seule population connectée
Dans l’échantillon étudié jusqu’à présent, l’équipe n’a trouvé aucune structure génétique de population reconnaissable entre Caroline du Sud et Georgia au sud ainsi que la Nouvelle-Angleterre et Nouvelle-Écosse au nord. Cela plaide provisoirement en faveur d’une population connectée dans l’Atlantique Nord occidental et non pour plusieurs groupes de reproduction clairement séparés le long de la côte.
Cette déclaration ne signifie pas que chaque animal se trouve autant partout. Les marquages par satellite montrent des parcours individuels et des points focaux saisonniers. Un mélange génétique peut néanmoins avoir lieu si des animaux provenant de différents lieux de résidence se reproduisent sur plusieurs générations.
Ce que plusieurs proches parents dans un petit échantillon pourraient signifier
Le fait que plusieurs proches parents apparaissent dans un échantillon limité pourrait indiquer une population de reproduction relativement petite. OCEARCH présente cela comme une interprétation possible, et non comme une estimation définitive de la population. Pour des affirmations fiables, il faudrait tenir compte de la taille de l’échantillon, de la sélection spatiale, des taux de survie et de la probabilité de capturer et d’échantillonner effectivement des animaux apparentés.
Surtout chez les espèces à longue durée de vie, la parenté génétique peut fournir des informations importantes que de simples données d’observation ou de marquage ne révèlent pas. Les paires de frères et sœurs de différentes années de naissance peuvent indiquer des reproductions répétées ; les demi-frères et demi-sœurs peuvent aider à limiter statistiquement le nombre de parents ayant réussi.
Des résultats encore préliminaires
Le chef de projet David Portnoy et son équipe souhaitent séquencer d’autres échantillons et soumettre l’étude complète pour évaluation. Jusqu’à la publication d’un article scientifique, il manque notamment les méthodes complètes, la taille exacte de l’échantillon et les marges d’incertitude des attributions de parenté.
Le rapport est néanmoins remarquable, car il rend visibles des relations de parenté concrètes entre des grands blancs individuellement connus. Son constat le plus solide est actuellement la combinaison de paires de frères et sœurs sur plusieurs générations et l’absence de séparation génétique le long de la côte atlantique.


