Plongée avec les requins

Requins-baleines dans le golfe du Mexique : l’ADN pourrait révéler leur alimentation

Des requins-baleines se nourrissent en surface au large de la côte ouest de la Floride. Les chercheurs analysent les traces génétiques de ces groupes, mais les résultats ne sont pas encore disponibles.

Sharky2. septembre 2026
Requin-baleine vu d'en haut

Plusieurs requins-baleines nagent près de la surface dans le golfe du Mexique, au large de la côte ouest de la Floride. La bouche grande ouverte, ils filtrent leur nourriture dans l’eau. De nouvelles images de la Florida Fish and Wildlife Conservation Commission montrent les animaux en train de se nourrir et s’inscrivent dans un projet visant à répondre à une question étonnamment complexe : que mangent exactement les plus grands poissons du monde à cet endroit ?

Selon les informations publiées par Reuters Connect, les chercheurs ont collecté cet été des échantillons auprès de ces groupes d’alimentation. En laboratoire, le séquençage génétique devrait révéler de quels organismes provient le matériel. Le Fish and Wildlife Research Institute, un laboratoire de l’Université de Floride, la NOAA, le Blue World Research Institute et les universités du sud du Mississippi et du sud de la Floride sont impliqués.

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Plus d’informations

L’ADN plutôt qu’une identification à vue

Les requins-baleines se nourrissent par filtration. L’eau traverse leur bouche puis des structures filtrantes spécialisées situées au niveau des branchies, où les petites proies sont retenues. Une vidéo permet toutefois rarement de savoir ce qu’ils avalent. Les poissons minuscules, les larves d’invertébrés, les œufs et le plancton sont difficiles à distinguer avec certitude dans une eau en mouvement.

Les traces génétiques peuvent réduire cet écart. Au lieu d’identifier chaque proie à l’œil nu, l’ADN d’un échantillon peut être comparé à des séquences connues. La méthode peut également détecter des organismes endommagés, digérés ou microscopiques. Cependant, il ne fournit pas automatiquement un menu complet : l’échantillonnage, la dégradation de l’ADN, les bases de données de référence et les espèces avec différents niveaux de détectabilité influencent le résultat.

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Un échantillon précédent a révélé une nouvelle source de nourriture

Une découverte antérieure dans la même zone montre l’intérêt de ces travaux. NOAA Fisheries décrit des œufs prélevés dans une agrégation alimentaire puis analysés génétiquement. L’analyse les a attribués à une espèce qui n’avait encore jamais été documentée comme proie du requin-baleine dans le golfe, mais NOAA ne précise pas son nom dans sa présentation publique.

De tels résultats peuvent expliquer pourquoi les requins-baleines se rassemblent temporairement à certains endroits. L’enjeu n’est pas seulement de savoir où ils nagent, mais aussi à quel moment une nourriture abondante y est disponible. Les agrégations estivales sont connues depuis longtemps dans le nord du golfe du Mexique. Les prélèvements actuels ciblent les proies au large de la côte ouest de la Floride.

Les rapports d’observation conduisent les chercheurs vers les animaux

Les requins-baleines parcourent d’immenses zones océaniques et ne peuvent pas être localisés à volonté. Le projet s’appuie donc sur les signalements des plaisanciers et d’autres personnes en mer. Selon NOAA, des observations locales ont déjà aidé les chercheurs à repérer une agrégation alimentaire près de Tampa Bay et à équiper un requin-baleine d’une balise satellite.

Le requin-baleine, baptisé ensuite « Larry », a parcouru plus de 4 800 kilomètres en un an. Les données de sa balise révèlent ses déplacements et les zones marines qu’il fréquente, tandis que les échantillons d’eau et de proies répondent à une autre question : quelles ressources utilise-t-il à un endroit précis ? La combinaison des observations, de la télémétrie et des analyses en laboratoire permet de mieux comprendre l’écologie de l’espèce.

Les résultats de l’étude ne sont pas encore disponibles

Les images actuelles sont impressionnantes, mais elles ne constituent pas encore un rapport de résultats. Les informations publiques confirment seulement que des échantillons sont prélevés et analysés génétiquement. On ignore encore quelles proies les requins-baleines ont consommées dans les agrégations de cette année, à quelle fréquence les différents organismes étaient présents et si le régime variait selon le lieu ou la période.

Le nombre d’animaux filmés ne permet pas non plus d’estimer la population du golfe du Mexique. Les requins-baleines peuvent se rassembler sur des sites riches en nourriture, puis se disperser sur des zones beaucoup plus vastes. Ces images documentent donc un épisode alimentaire local, et non une hausse de la population. Les futurs résultats de laboratoire pourraient révéler quelle nourriture rend ces rassemblements temporaires attractifs pour cette espèce menacée.

Espèces mentionnées

Requin-baleine rhincodon typus

Requin-baleine

Sources

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