Plongée avec les requins

Cap-Vert : deux tiers des 53 espèces de requins et de raies sont menacées

Une étude recense 53 espèces de requins, de raies et de chimères au Cap-Vert. Soixante-six pour cent sont menacées à l’échelle mondiale, la proportion la plus élevée parmi quatre archipels comparés.

Sharky25. août 2026
Un requin-citron nage en eau peu profonde au Cap-Vert

Le biologiste marin Jaquelino Varela a terminé son doctorat sur les requins et les raies en Macaronésie avec la plus haute distinction. L’Université de Lisbonne met particulièrement en évidence le rôle du Cap-Vert : l’État insulaire est riche en espèces, mais en même temps, une proportion inhabituellement élevée des espèces détectées là-bas sont menacées à l’échelle mondiale.

Une étude comparative publiée dans Frontiers in Marine Science en 2025 constitue une base de données centrale. Elle a recensé 78 espèces de requins, de raies et de chimères au Cap-Vert, aux Canaries, à Madère et aux Açores. Pour le Cap-Vert, la compilation montre 53 espèces.

Ce que signifie le chiffre de 66 pour cent

Sur les 53 espèces enregistrées au Cap-Vert, 66 pour cent entrent dans l’une des catégories de menace mondiale de l’UICN Vulnérable, En danger ou En danger critique. Il s’agit de la proportion la plus élevée parmi les quatre groupes d’îles comparés. Aux îles Canaries, elle est de 61 pour cent, à Madère de 52 pour cent et aux Açores de 49 pour cent.

Ce chiffre ne doit pas être interprété comme une baisse locale d’abondance de 66 pour cent. Il décrit la proportion d’espèces présentes dont le statut mondial UICN est déjà considéré comme menacé. L’étude est une synthèse des preuves publiées et des évaluations des menaces, et non un décompte complet de tous les animaux dans les eaux du Cap-Vert.

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Plus d’informations

Communauté d’espèces distincte dans l’Atlantique Est

Dans la comparaison des quatre régions, dix espèces ont été répertoriées uniquement pour le Cap-Vert. Cela ne signifie pas que ces espèces y vivent exclusivement ou soient endémiques. Cependant, cela montre que l’archipel au sein de l’océan Atlantique étudié possède une composition propre.

Les chercheurs n’ont trouvé aucune preuve d’une espèce de requin pondeur pour le Cap-Vert dans leur base de données. Ils citent la pêche comme la pression la plus importante, complétée par la détérioration des habitats côtiers. Un risque climatique moyen à élevé a également été déterminé pour 16 espèces.

Les connaissances locales visent à combler les lacunes de la recherche

Varela a combiné les données scientifiques sur les populations avec les connaissances écologiques des pêcheurs artisanaux. Ceux-ci connaissent souvent les présences saisonnières, les lieux de pêche et les changements sur plusieurs années, même s’il manque des séries formelles à long terme. De telles observations ne remplacent pas un suivi standardisé, mais peuvent montrer par où commencer la recherche et la protection.

L’université cite comme exemple la baie de Sal Rei sur Boa Vista. Elle est décrite comme une zone de reproduction pour les requins et, selon les conclusions de Varela, devrait être particulièrement protégée. Un suivi ciblé doit confirmer si et pour quelles espèces la baie répond à tous les critères scientifiques d’une nurserie.

De la liste des espèces au plan de protection

Des résultats, Varela tire plusieurs tâches : un plan d’action national pour les requins, une révision des règles juridiques, une gestion efficace des zones marines protégées et un meilleur enregistrement des captures. Les données spécifiques aux espèces sont particulièrement importantes car les catégories génériques dans les statistiques de capture masquent les stocks qui subissent la plus grande pression.

Le doctorat ne fournit pas une estimation définitive des populations, mais plutôt une liste de priorités. Le Cap-Vert combine une biodiversité élevée, de nombreuses espèces menacées à l’échelle mondiale et de grandes lacunes dans les connaissances. C’est précisément cette combinaison qui fait de cet État insulaire une zone clé pour la recherche sur les requins dans l’Atlantique Est.

Sources

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