Sur les plages de Plettenberg Bay en Afrique du Sud, le système spécial d’alerte précoce des requins est actuellement hors service. Comme le rapporte The Herald, les opérations de Plett Shark Spotters ont été suspendues le 1er juillet 2026. Depuis, les observateurs formés ne sont plus de garde sur les sections côtières couvertes.
L’interruption n’est pas une indication d’une attaque de requin récente ni une réponse à une observation individuelle. La cause est le non-renouvellement de l’accord entre l’organisation Shark Spotters et la Bitou Municipality. Les négociations se poursuivent et un nouvel accord n’a pas encore été finalisé.
Pourquoi le programme est suspendu depuis juillet
Le précédent accord de coopération a expiré fin juin. Sans un nouvel accord, l’organisation affirme ne pas avoir à la fois le mandat légal et le financement nécessaires pour continuer à surveiller les plages de la ville. Le programme est donc suspendu et non définitivement interrompu.
Selon le rapport, environ 2,4 millions de rands sud-africains sont nécessaires chaque année pour les opérations; la majeure partie est consacrée aux salaires. La Bitou Municipality a promis 800 000 rands. Cependant, il subsiste un déficit de financement d’un peu plus de 1,1 million de rands, qui empêche actuellement les opérations régulières.
Shark Spotters sollicite donc les dons ponctuels et récurrents. La campagne publique vise à ramener le service de surveillance sur les plages pendant qu’un nouvel accord municipal est en cours de négociation. Au moment de la rédaction du rapport, on ne savait pas si et quand le service reprendrait.
Un système d’alerte précoce sur cinq plages très fréquentées
Le programme Plett a été créé en novembre 2022 après que deux incidents mortels de grands requins blancs en trois mois ont choqué la communauté. L’objectif était une mesure de sécurité non létale: des observateurs scrutent la mer depuis des points élevés, émettent des signaux d’alerte si nécessaire et organisent une évacuation ordonnée de l’eau.
Jusqu’à la suspension, les équipes étaient déployées à The Wreck, Robberg 1, Central Beach, The Wedge et Lookout Beach – essentiellement 365 jours par an, à condition que la météo permette l’observation. Robberg 5 a été ajouté comme emplacement supplémentaire pendant les périodes de vacances particulièrement chargées.
Le concept vient du Cap, où Shark Spotters travaille depuis 2004. Il combine la surveillance directe des plages avec l’information, la recherche et la conservation de la nature. Contrairement aux filets ou aux engins de pêche, le système est conçu pour avertir les gens rapidement sans retirer ni tuer les requins de leur habitat dans l’océan Indien.
Des emplois et des données scientifiques également perdus
À Plettenberg Bay, le programme a créé 14 emplois à temps plein et des opportunités de formation professionnelle pour les personnes issues des communautés structurellement défavorisées de la région de Bitou. Le déficit de financement affecte donc non seulement la fonction d’alerte visible sur la plage, mais aussi l’emploi local et l’expertise acquise.
Les équipes ont également documenté les observations de requins et évalué les modèles spatiaux, saisonniers et écologiques. Des données sur d’autres mégafaunes marines ont été intégrées à des projets de recherche locaux. L’organisation a travaillé, entre autres, avec CapeNature, Orca Foundation et Rockhopper Fund.
Les projets soutenus comprenaient le marquage acoustique de requins cuivrés et d’autres espèces. Il y a également eu des observations à long terme de la diversité des poissons et des projets en cours sur les requins, les raies et les dauphins. Avec cette suspension, les données d’observation régulièrement collectées et les opportunités de formation seront également perdues.
Ce que les usagers des plages doivent désormais savoir
Le fait que les Shark Spotters ne soient plus présents ne signifie pas automatiquement que tous les autres services de sécurité ont cessé. Cependant, il n’existe pas de système d’alerte précoce distinct destiné aux requins. Les visiteurs de la plage doivent donc prêter une attention particulière aux sauveteurs, aux drapeaux, aux panneaux et aux instructions des autorités locales.
Le rapport recommande de nager uniquement sur les plages surveillées et de quitter l’eau immédiatement en cas d’avertissement. Le crépuscule, la nuit, la mauvaise visibilité et les périodes après de fortes pluies sont défavorables. De grands bancs de poissons, ainsi que des phoques ou des oiseaux marins plongeurs peuvent également indiquer que des proies potentielles sont concentrées dans une zone.
Quiconque aperçoit un requin doit quitter l’eau calmement et sans éclaboussures, informer les autres personnes et suivre les instructions des services de secours. Nager en groupe est préférable à s’éloigner seul du rivage. De tels conseils réduisent les risques, mais ne remplacent pas l’observation professionnelle depuis la terre.
Une crise de financement, pas une tendance biologique
Ni une augmentation ni une diminution du nombre de requins au large de Plettenberg Bay ne peuvent être déduites de cette suspension. Cette situation révèle un vide institutionnel et financier, et non une tendance biologique. Même les observations régulières mentionnées dans le rapport ne suffisent pas pour tirer des conclusions sur les variations de population sans données comparables à long terme.
Les prochaines étapes dépendent désormais d’un nouvel accord, d’un financement fiable et du résultat de la campagne de collecte de fonds. Dans l’attente de la reprise, Plettenberg Bay est privée d’un service combinant sécurité des plages, gestion non létale des requins, recherche et emploi local en un seul programme.



