Plongée avec les requins

Près d’un million de livres pour les requins d’Angleterre : Exeter lance un projet de conservation

Un projet de recherche de trois ans étudiera les déplacements, les zones de reproduction et le statut de conservation du requin bleu, du requin-taupe commun et du requin-hâ dans les eaux anglaises. Natural England apporte 939 434 livres sterling.

Sharky17. juillet 2026
Requin bleu de face et légèrement vu d’en bas

L’University of Exeter a reçu 939 434 livres sterling de Natural England pour un nouveau projet de conservation des requins. Pendant trois ans, l’équipe étudiera les déplacements de trois espèces particulièrement vulnérables dans les eaux anglaises, leurs zones de reproduction et les secteurs essentiels à leurs populations.

L’accent est mis sur trois requins très différents : le Requin bleu (Prionace glauca), le Requin-taupe commun (Lamna nasus) et le Requin-hâ (Galeorhinus galeus). Tous les trois se trouvent dans les zones marines britanniques, mais il existe encore de grandes lacunes dans nos connaissances sur leurs itinéraires saisonniers, leur localisation et leurs zones de reproduction.

Le projet se déroulera de juillet 2026 à mars 2029 et sera financé par Natural England dans le cadre de son Species Recovery Programme. Ce programme soutient des mesures ciblées pour plus de 350 espèces menacées en Angleterre. Pour les requins, il ne s’agit pas d’une seule aire protégée : la première étape consiste à établir les connaissances nécessaires à des décisions efficaces.

75 balises électroniques révéleront des déplacements invisibles

Le projet est dirigé par les Dr Matthew Witt et Lucy Hawkes de l’University of Exeter. Avec Angling Trust, Marine Biological Association et Pat Smith Database, l’équipe associera le suivi moderne des animaux aux connaissances accumulées depuis des décennies par les pêcheurs en mer britanniques.

Au total, 75 étiquettes électroniques seront utilisées. Il s’agit notamment d’émetteurs satellite à long terme capables de suivre des requins individuels pendant jusqu’à deux ans. Les données montreront quels itinéraires empruntent les animaux, s’ils utilisent certaines régions plus longtemps et quand ils retournent dans les eaux anglaises.

Ces informations sont particulièrement importantes pour les requins grands migrateurs. Une observation ou un point de capture n’est toujours qu’un instantané. Seule une période de surveillance électronique plus longue peut révéler si une zone se trouve simplement sur une route de transit ou sert d’habitat régulier, d’accouplement ou d’habitat pour les jeunes animaux.

Des échographies à la recherche des zones de nurserie

En complément du suivi, l’équipe utilisera des échographies non invasives. Elles permettent d’identifier les femelles gestantes sans prélèvement sanguin. Si ces animaux sont ensuite suivis grâce aux balises, il sera peut-être possible de repérer des zones de mise bas et de nurserie.

Ces habitats en particulier sont cruciaux pour la protection. Les zones où apparaissent régulièrement des requins gravides ou où les juvéniles passent leurs premiers mois peuvent être bien plus importantes pour une population que leur taille ne le suggère. Cependant, sans données précises de localisation et de temps, ces points focaux passent facilement inaperçus.

Les trois espèces ont des besoins différents. Les requins bleus parcourent d’immenses distances en pleine mer. Les requins-taupes communs sont eux aussi pélagiques et subissent une pression particulièrement forte en Europe. Les requins-hâ fréquentent davantage les eaux côtières du plateau continental et peuvent former des groupes régionaux. Un projet commun permettra donc de déterminer quels outils de conservation doivent être adaptés à chaque espèce.

Le savoir des pêcheurs intégré à la recherche

Un deuxième objectif est de travailler avec les pêcheurs récréatifs. Au moins 45 d’entre eux apporteront leurs connaissances lors d’ateliers et d’entretiens structurés. Des réunions sont prévues sur des lieux de pêche importants tels que Looe, Falmouth et Brightlingsea.

Les enregistrements historiques des captures et les observations sur de nombreuses années peuvent combler des lacunes qu’un projet de recherche limité dans le temps ne pourrait à lui seul combler. Combiné avec les bases de données existantes et les données des nouveaux émetteurs, cela créera l’image la plus complète à ce jour de la répartition de l’Requin bleu, de l’Requin-taupe commun et de l’Requin-hâ dans les eaux anglaises.

Impliquer les pêcheurs présente un autre avantage pratique : les trois espèces peuvent être capturées lors de la pêche en mer. Quiconque se trouve régulièrement sur l’eau peut non seulement fournir des observations, mais également contribuer au développement de processus doux de marquage, de mesure et de relâchement.

Ce qui se passe après la capture

Les balises ne serviront pas seulement à documenter les déplacements. L’équipe veut aussi étudier la réaction des requins à la capture et à la remise à l’eau. Un animal relâché vivant n’a pas nécessairement traversé l’épreuve sans dommages. L’épuisement, les blessures et une manipulation prolongée peuvent influer sur sa survie après la remise à l’eau.

Les résultats serviront donc à élaborer un guide de bonnes pratiques pour les pêcheurs. L’objectif est de proposer des recommandations concrètes qui réduisent le stress et les blessures et améliorent la survie. Le projet relie ainsi la recherche fondamentale à des mesures applicables directement sur les bateaux et les sites de pêche.

Des Listes rouges actualisées pour guider la conservation

Les données alimenteront également de nouvelles évaluations de la Liste rouge pour l’Angleterre. Selon l’University of Exeter, le requin-hâ est classé Vulnérable en Europe et le requin-taupe commun En danger critique. Des évaluations régionales fiables exigent plus que des tendances mondiales : elles nécessitent des données sur la présence, l’abondance, la structure d’âge et l’utilisation de zones marines précises.

Ce financement constitue donc une étape importante pour la conservation des requins. Près d’un million de livres paraît considérable, mais la somme couvre trois ans, plusieurs partenaires, 75 balises, des travaux de terrain sur différentes côtes et l’analyse de vastes jeux de données. La valeur du projet dépendra finalement de la capacité des résultats à dégager des priorités claires.

Ce regard sous la surface intéresse aussi les plongeurs. Les grands requins ne sont observés que brièvement et rarement dans les eaux anglaises. Les nouvelles données de suivi pourront montrer que ces rencontres correspondent à des migrations récurrentes et peut-être à des habitats vitaux. Des observations isolées formeront alors un tableau solide, capable d’orienter une conservation ciblée.

Espèces mentionnées

Requin bleu prionace glauca en eau bleue

Requin bleu

Requin-taupe commun Lamna nasus

Requin-taupe commun

Tête du requin-hâ Galeorhinus galeus

Requin-hâ

Sources

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