Les eaux au large de la côte sud de Sint Maarten figurent désormais sur une carte mondiale spécialisée pour la conservation des requins. Le Sint Maarten Insular Shelf a été reconnu sous le nom de Important Shark and Ray Area, ISRA en abrégé. Après 721news Caribbean Shark Coalition salue cette décision comme une étape importante pour les requins et les raies en voie de disparition dans les Caraïbes.
Les ISRA sont utilisés dans le cadre du IUCN-SSC Shark Specialist Groupprocessus identifié. Il ne s’agit pas de nouvelles zones protégées au sens juridique du terme. Cependant, cette reconnaissance marque des endroits particulièrement importants pour les requins, les raies ou les chimères tout au long de leur vie et devrait donc être davantage prise en compte dans la gestion, l’aménagement du territoire et les mesures de protection.
Petite zone avec une grande importance
Le nouveau ISRA couvre environ 72,76 kilomètres carrés et s’étend de la surface jusqu’à une profondeur de 300 mètres. Il chevauche le Man of War Shoal Marine Protected Area existant au large de la côte sud de l’île. Cela donne une visibilité internationale à une zone déjà connue localement comme une zone marine d’importance écologique.
La classification s’est basée sur trois critères de la norme ISRA : vulnérabilité, aire de reproduction et zone de repos. Ce qui a été décisif n’a pas été une seule observation spectaculaire, mais près d’une décennie de travail sur le terrain mené par Nature Foundation Sint Maarten, Beneath the Waves, Operation Swimway Caribbean et d’autres partenaires.
Quelles espèces sont concernées
Le Sint Maarten Insular Shelf soutient une communauté de requins et de raies en voie de disparition. Entre autres, le requin de récif des Caraïbes, une espèce en voie de disparition, la raie aigle à points blancs, une espèce en voie de disparition, et le requin tigre potentiellement en voie de disparition sont mentionnés. Ce mélange est particulièrement intéressant pour la plongée avec les requins car il comprend à la fois des espèces liées aux récifs et des prédateurs plus gros et plus mobiles.
Entre 2018 et 2024, des expéditions de recherche ont documenté plusieurs espèces de requins et de raies le long du plateau sud de l’île. Les examens échographiques ont confirmé une grossesse tardive chez les femelles matures. Dans le même temps, des requins juvéniles ont été observés à plusieurs reprises. Ensemble, cela suggère que les eaux moins profondes servent de zone de reproduction et de développement précoce.
Pourquoi un ISRA ne remplace pas une zone protégée
Ce qui est important, c’est la classification sobre : un ISRA à lui seul n’entraîne pas de nouvelles interdictions ni d’application automatique sur l’eau. Il s’agit d’un signal scientifiquement testé. Cela donne aux gouvernements, aux gestionnaires de la conservation marine et aux communautés une base plus claire quant aux domaines dans lesquels la protection, la surveillance et l’utilisation doivent être planifiées avec un soin particulier.
Cette séparation est particulièrement importante pour les requins à croissance lente. De nombreuses espèces atteignent leur maturité sexuelle tardivement, ont peu de petits et ne se remettent que lentement d’une pression de pêche supplémentaire. Lorsqu’une zone présente simultanément des grossesses, des juvéniles et des schémas de résidence récurrents, elle n’est pas seulement un magnifique site de plongée, mais aussi un centre biologique.
Ce que cela signifie pour le Sint Maarten
Cette reconnaissance intervient dans une région où les requins sont également visibles sur le plan économique. Des populations saines de requins et de raies contribuent à la stabilité des écosystèmes récifaux et constituent une valeur pour un tourisme marin responsable. Pour une île comme Sint Maarten, qui dépend fortement du trafic côtier, maritime et touristique, cela peut être un argument de poids en faveur d’une gestion plus concrète.
Tadzio Bervoets de Caribbean Shark Coalition, auteur principal de la soumission ISRA, considère cette reconnaissance comme une étape importante pour Sint Maarten et l’ensemble des Caraïbes. Son message est clair : le travail de terrain local a montré que ces eaux sont non seulement belles, mais jouent également un rôle fonctionnel pour les espèces menacées. Désormais, la reconnaissance doit devenir une protection permanente.
Un élément constitutif de la protection des requins des Caraïbes
La nouvelle désignation est issue du processus régional de 2026 pour l’Atlantique de l’Amérique du Nord et des Caraïbes. C’est important car les requins et les raies ne reconnaissent pas les frontières politiques. Un requin de récif peut rester fidèle à un récif local, tandis qu’un requin tigre peut parcourir de longues distances. La protection fonctionne donc mieux lorsque les données locales sont intégrées dans la planification régionale.
Pour la plongée avec les requins, cette nouvelle est avant tout un rappel que les rencontres sous-marines s’inscrivent dans des cycles de vie plus vastes. Lorsque les sites de plongée accueillent des femelles gravides, des juvéniles et des animaux qui reviennent, ils nécessitent plus qu’une simple attention. Ils ont besoin d’un suivi fiable, de règles claires, d’un tourisme respectueux et d’une politique qui prend au sérieux les cartes scientifiques.



